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Violence basée sur le genre : collecte de données pour orienter la prévention et la réponse

30 March 2017

Jérémie, Haïti, 30 mars 2017 -- Agée de 24 ans, Marie Yves Antoine est infirmière et travaille au centre de santé de Pestel, une commune enclavée du sud-ouest d´Haïti. Elle s´estime maintenant mieux armée pour encadrer les femmes et les enfants, après avoir participé à une formation sur le Système de Gestion de l´Information (IMS) liée à la violence basée sur le genre (VBG).

Une centaine de personnes - élus locaux et professionnels de santé des départements de la Grand´Anse et du Sud - ont  pris part à cet atelier organisé par le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), et l´UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la Population, avec le support de l´USAID, du 27 au 30 mars 2017, à Jérémie.

Idélie Denis est la Mairesse assesseure de Tiburon et présidente d´une association de femmes. A l´instar de Miss Antoine, elle dit être dorénavant mieux sensibilisée sur la VBG.

¨Après cette formation, je comprends mieux les concepts tels VBG, genre, sexe, stéréotype, équité de genre et inégalité de genre, ainsi que les causes et conséquences des VBG¨, précise Idélie Denis, ajoutant qu´elle compte restituer ces nouvelles connaissances à sa communauté et à son association.

¨L´objectif de cette formation est aussi de familiariser les agents communautaires et agents de terrain du MSPP et du MCFDF avec les outils de collecte des cas de VBG¨, explique la Coordonnatrice Genre de terrain de l´UNFPA¨.

Ces agents seront déployés dans le Sud et la Grand´Anse, les 30 et 31 mars, dans les institutions sanitaires, les communautés, les tribunaux et organisations féministes, ajoute Marie Keteline Parfait.

¨Les données collectées et saisies seront analysées afin d´orienter les actions destinées à créer un environnement propice à la prévention et la réponse aux VBG¨, souligne la chargée de Programme Genre et Jeune de l´UNFPA.

Un autre volet important de la formation concerne, selon Marie Josée Salomon, le plaidoyer auprès des autorités locales nouvellement élues des 13 communes du département de la Grand´Anse, en vue d´une meilleure compréhension de la thématique Protection, en particulier la structure de coordination du sous-secteur VBG et l´intégration de la VBG dans les autres secteurs humanitaires.

Sylmatha Pierre est à la fois Mairesse de Jérémie et présidente de l´Association des Femmes Maires de la Grand´Anse (COFMGA). ¨Cette formation va me permettre de mettre sur pied un programme de mobilisation et de sensibilisation sur la violence à l´encontre des femmes et des filles¨, a-t-elle déclaré.

Une étude réalisée en 2012 - par  la SOFA (Solidarité des Femmes Haïtiennes) - avait montré que, parmi les VBG, le viol était la forme la plus courante dans le département de la Grand´Anse.

Selon l´enquête EMMUS V-2012, en Haïti, 28% des femmes de 15 à 49 ont subi des violences physiques depuis l´âge de 15 ans et 13% a été victime de violence sexuelle à n´importe quel moment de sa vie. Le département de la Grand´Anse dépasse légèrement le taux national avec 13,8% de victimes de violence sexuelle.