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Des services de réponses en santé maternelle et néonatale plus près des femmes

Port-au-Prince, Haïti --- La Direction Sanitaire du Nord-Ouest du Ministère de la Santé Publique et de la Population a organisé une clinique mobile à Bombardopolis, commune située à environ 4 heures 30 de Port-de-Paix, le 3 mai 2021, avec le support des Centres pour le Développement et la Santé (CDS) et de l’UNFPA, l’agence des Nations Unies chargée de la Santé de la Reproduction.

Cette clinique a reçu pas moins de 400 patientes, selon la sage-femme Samentha Dutreuil qui la coordonnait et qui était aidée notamment par le Directeur médical de l’Hôpital Évangélique de Bombardopolis, Dr Moïse Léandre, de l’infirmière Kerda Sylvain, et de Sages-Femmes membres de l’Association des Infirmières Sages-Femmes d’Haïti.

19 femmes enceintes ont été vues en consultation prénatale; 34 femmes ont bénéficié d’un test de l’inspection  visuelle avec l’acide acétique (IVA) pour le dépistage de cellules précancéreuses. Trois de ces tests se sont révélés positifs; 4 femmes ont adopté une méthode de planification familiale de longue durée.

Outre les questions liées à la santé reproductive, cette clinique mobile offrait également des soins aux nourrissons en allaitement exclusif, c’est-à-dire sans aucun apport alimentaire que le lait maternel. Les mères sont encouragées à continuer l’allaitement, jusqu’à l’âge de 6 mois pour que l'enfant ait une croissance, un développement et une santé optimale. 

Plusieurs cas de gale ont été recensés et ont reçu des soins appropriés. Depuis quelques mois, plusieurs foyers de gale ou scabiose ont été répertoriés à différents endroits du territoire national, suscitant des interventions du MSPP. Cette maladie infectieuse de la peau est bénigne, mais très contagieuse. Elle est causée par un parasite (le sarcopte) venant se loger sous la peau et y pondre. 

Joséphine Sadale souffre de grattelle (gale bénigne ou légère). Âgée de 22 ans et avec sa fille de 5 mois dans les bras, elle vient chercher de l’aide. « J’en ai assez des démangeaisons, je viens chercher de la guérison pour nous deux », assure-t-elle. 

Des patientes ont par ailleurs reçu des médicaments pour la gastrite, une inflammation de la muqueuse de l'estomac très douloureuse. Des conseils leur ont été donnés sur un régime alimentaire spécial, afin de favoriser le confort digestif à travers un apport nutritionnel adéquat. 

Cécile Ladrise, âgée de 27 ans, est enceinte de 7 mois. « Quand je marche, mon ventre me fait mal », indique-t-elle. Elle a dû abandonner son activité de commerçante informelle. « Quand je mange, je crache beaucoup, ce qui n’est pas bien, et, en outre, j’ai des brûlures d’estomac », ajoute-t-elle.

Comptant environ 240,000 habitants, la commune de Bombardopolis est difficile d’accès faute de routes. Le développement d’infrastructures et de services de base y est un enjeu essentiel, notamment pour l’accès à la santé, l’éducation, l’eau et la sécurité alimentaire. La commune comprend 5 centres communautaires de santé et un centre de santé avec lits offrant les Soins Obstétricaux Néonataux d’Urgence de Base (SONUB). 

La clinique mobile du 3 mai s’est déroulée en présence d’une mission conjointe des Nations Unies coordonnée par Bruno Lemarquis, Représentant spécial adjoint au Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en Haïti.

Joséphine Sadale et Cécile Ladrise sont des noms d’emprunt attribués à des patientes de la clinique mobile.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Texte : Vario Sérant