Vous êtes ici

Des soins de santé pour des femmes déplacées à cause de la violence en Haïti

Port-au-Prince, Haïti --- 165 femmes - dont les abris ont été incendiés par des gangs armés à Tabarre Issa, à Galette Greffin, une localité de la commune de Pétion-Ville - ont participé à une clinique mobile organisée par la Fondation pour la Santé Reproductive et l’Éducation Familiale (FOSREF), avec le support de l’UNFPA, l’agence des Nations Unies chargée de la santé sexuelle et reproductive, le vendredi 11 juin 2021, à Grand Gavier, une localité située dans la zone de Bourdon. 

96 personnes ont été vues, dont 42 en consultations gynéco-obstétricales et 54 en consultations générales. Des kits d’hygiène, kits maman et kits pour les femmes allaitantes ont été distribués aux participantes.

Josette, 28 ans, et son mari sont parmi les personnes qui se sont enfuies de Tabarre Issa depuis mars, en ayant tout perdu. Elle est couturière tandis que son conjoint est forgeron. « Je suis enceinte de 8 mois et j’ai été reçue en consultation prénatale », explique Josette avec un brin de satisfaction. 

Une autre déplacée de Tabarre Issa, Anita, 36 ans, vit avec son époux et sa fille de 12 ans dans une résidence qui compte au total 14 personnes. Elle se réjouit de la bonne foi de sa sœur qui les a reçus ainsi que d’autres personnes déplacées. Ne travaillant plus ainsi que son mari et face à la cherté de la vie, Anita a adopté une méthode de planification familiale. « Si j’avais 2 enfants, qu’est-ce que je ferais », s’interroge-t-elle, ajoutant que « les méthodes contraceptives nous évitent la misère ».

 Les participantes à cette clinique mobile ont reçu des services divers : consultation prénatale, consultation post-natale, planification familiale, consultation gynécologique, dépistage du cancer du col de l’utérus par la méthode de l’inspection visuelle par acide acétique (IVA), dépistage du VIH et du RPR - test pour détecter la présence de la syphilis, infection sexuellement transmissible (IST), ou une autre ISTS, infection sexuellement transmissible et par le sang - distribution gratuite des médicaments après les consultations, et la sensibilisation sur la COVID-19.      

La syphilis peut causer des lésions sur ou dans les organes génitaux, l'anus, le rectum et/ou les lèvres et la bouche et risque de provoquer d'autres complications pour la santé.

Cette clinique mobile est financé par le programme humanitaire CERF. Ce dernier vise à restaurer la dignité aux personnes vulnérables et celles vivant avec un handicap grâce aux services de santé génésique et de protection dans le département de l’Ouest. La FOSREF organisera dans les prochaines semaines 29 cliniques mobiles similaires dans plusieurs autres localités de Port-au-Prince.     

Cette première clinique mobile a choisi un site en proie à des conflits de propriétaires terriens et à la présence de gangs armés qui engendrent une situation humanitaire alarmante. 508 ménages, soit 2496 personnes, dont 1305 femmes, y compris 10 femmes enceintes et 159 allaitantes, 824 enfants, 67 personnes vivant avec un handicap et 102 personnes âgées vivent sur le site, selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) au mois de Mars 2021.

Nota bene : Des prénoms d’emprunt ont été attribués aux deux femmes ayant témoigné.

 

Texte : Vario Sérant et Sergine Farrah Denis

Photos : Samuel Laméry Pierre