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Les cliniques mobiles fournissent des soins essentiels aux femmes et aux filles dans les zones enclavées d’Haïti

16 août 2017
Yveka, 17, reçue par une sage-femme à la cinique mobile

PICHON/BELLE-ANSE, Haïti --- Frêle et de petite taille, Nélia ressemble à une adolescente. Elle a pourtant vingt-cinq ans. Elle est déjà tombée enceinte à trois reprises et a connu son lot de tragédies.

Elle vit à Pichon, une localité isolée de Belle-Anse, où le centre de santé le plus proche se trouve à trois heures de marche. Comme la plupart des femmes en Haïti, Nélia a accouché à domicile. 

La première fois, elle est entrée en travail prématurément. Sa grand’mère a permis la sortie du bébé, qui n´a pas survécu. 

La deuxième fois, Nélia a donné naissance, encore à domicile, à des jumeaux, qui sont également décédés quelque temps après. 

La troisième fois, elle fut chanceuse. Nélia a eu son bébé, une fille âgée d´un mois actuellement. C´est le pasteur de son église qui, cette fois-ci, a mené l´accouchement. Il n’est pas formellement entraîné et formé à cet effet, mais assiste des membres de la communauté.

Les cliniques mobiles apportent des soins à des communautés éloignées

En Haïti, les taux de mortalité maternelle et infantile sont les plus élevés de l’hémisphère américain. Seulement 36% des naissances ont lieu dans un établissement de santé, selon l’enquête EMMUS 2012.

Le taux de grossesse chez les adolescentes est également élevé en Haïti, ce qui intensifie les risques pour les filles et leurs enfants: environ 14% des adolescentes haïtiennes, âgées de 15 à 19 ans, sont déjà enceintes ou ont des enfants. À l'échelle mondiale, les complications de la grossesse sont le principal tueur des filles dans cette tranche d'âge.

L’UNFPA s'emploie, avec entre autres le financement de "Johnson & Johnson", à améliorer la disponibilité des soins de santé sexuelle et reproductive et aide les adolescentes à différer les grossesses, en augmentant l'accès aux services de planification familiale. Lesdits fonds aident à sauver des vies en Haïti.

Une récente clinique mobile - organisée par le Ministère de la Santé Publique et de la Population, avec le soutien de l’UNFPA - a apporté des soins prénatals, des services de planification familiale et d'autres soins essentiels aux populations des localités dépourvues d’établissements de santé. 

Yveka, 17 ans, est venue à la clinique pour un bilan prénatal. Elle est enceinte de sept mois. Elle dit avoir des maux de tête et des douleurs.

Elle a reçu des médicaments et des conseils sur la nutrition, ainsi que des informations sur la façon d'éviter une future grossesse non désirée.

"J'ai cessé d'aller à l'école en raison de cette grossesse non planifiée, mais j'espère retourner après mon accouchement en utilisant une méthode de planification familiale", a déclaré Yveka à l’UNFPA.

Christelle, 16 ans, a également visité la clinique pour des soins prénatals. Elle est enceinte de six mois et a eu son premier enfant à seulement 14 ans.

Demande de planification familiale

La clinique mobile, tenue du 2 au 4 août, a fourni des soins médicaux gratuits à environ 400 personnes à Belle-Anse (Pichon et Bel-Air) et Marigot (Macari). Quelque 60 femmes et filles ont choisi une méthode de planification familiale de leur choix. 

En Haïti, 35% des femmes en union veulent éviter ou retarder la grossesse, mais ne recourent pas à la planification familiale.

L’UNFPA est le principal pourvoyeur d’intrants de planification familiale à Haïti et aussi un grand pourvoyeur d’intrants en santé maternelle.

À la clinique mobile, Jacqueline Etienne, une auxiliaire formée par l’UNFPA, a prodigué des conseils aux femmes et filles sur la gamme des options contraceptives disponibles.

Après avoir échangé avec Miss Etienne, Nélia a opté pour un implant contraceptif, qui lui offre cinq ans de protection contre les grossesses non désirées.

"Je ne voudrais pas avoir un autre enfant, car je n'ai pas les ressources nécessaires", a déclaré Nélia à l’UNFPA. Elle ne travaille pas et est sans nouvelles du père de sa fille depuis juillet 2016.

Viergemène est âgé de 20 ans et a deux enfants. Le premier n'était pas planifié. Comme Nélia, elle est venue à la clinique mobile pour la planification familiale.

Rosena, 44 ans, a également déclaré à l’UNFPA qu'elle voulait adopter une méthode de planification familiale. Elle devra cependant attendre qu’elle accouche. Rosena est enceinte de sept mois, de son huitième enfant. 

Vario Sérant