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Prévenir le VIH, les violences sexistes et les grossesses précoces en Haïti

Port-au-Prince, 20 septembre 2021 --- L’Association pour la Réduction de la Vulnérabilité en Haïti (AREV-Haïti) a sensibilisé pendant 2 jours 400 jeunes, adolescents, travailleuses de sexe (TS) et LGBTIQ (Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transsexuel, Queer) de Beaumont et de Jérémie sur la prévention du VIH et du Coronavirus, la prévention des violences sexistes et des grossesses précoces, le triple rôle des préservatifs (contre la grossesse, le VIH et les IST), et sur la planification familiale.

Ces séances de sensibilisations ont vu le jour avec l’appui technique et financier de l’UNFPA Haïti et son partenaire d'implémentation, la FOSREF.

 Pour un comportement responsable

Ces séances visaient à permettre aux jeunes et adolescents d’avoir un comportement sexuel responsable et de connaître leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive.


Adultes assistant attentivement a l'une des causeries

« Nous sommes là pour sensibiliser les jeunes, pour qu’ils puissent changer de comportement par rapport aux infections sexuellement transmissibles, dont le VIH Sida », souligne une infirmière spécialiste en santé communautaire.

« Nous les avons informés des différentes façons de contracter le VIH Sida et de la façon de se protéger contre cette maladie », précise Josile Assline.

Comme nous étions avec des jeunes, nous avons aussi mis l’accent sur l’abstinence, ajoute Assline les encourageant à utiliser des préservatifs s’ils ne peuvent pas se retenir. 

Le gros des participants se sont faits dépistés au VIH. Ils ont reçu des kits dignité et des préservatifs. Les kits dignité comprennent des serviettes pour le bain, du papier hygiénique, du savon, de la dentifrice, de la brosse à dents, des maillots et des sous-vêtements féminins.

Me prendre en main

« Ce que j’ai retenu, c’est comment je vais organiser ma vie, la planifier, la réussir, comment avoir des relations sexuelles saines si j’ai un copain », indique Chrislène Janvier, normalienne âgée de 25 ans. 

« Mon avenir est entre mes mains, je dois me protéger lors des relations sexuelles, ce n’est pas n’importe qui qui peut être mon partenaire », explique-t-elle.

« J’ai surtout retenu des informations à propos du VIH : tu dois faire des tests tous les 3 mois, tu dois utiliser des préservatifs », explique le gay Mérisma Hollandais. Tout cela pourra m’aider dans ma vie et mes relations, conclut le danseur et l’esthéticien de 21 ans. 

D’autres participants, comme Kathy Dorestan, 17 ans, élève de Philo, retiennent les conseils sur la prévention du VIH, de la grossesse précoce, la planification familiale et la prévention de la violence basée sur le genre.

Réponse à Beaumont

Le contexte de la Grand’Anse se prêterait à une telle campagne de sensibilisation. En effet, une enquête conduite par l’Institut du Bien-être Social et de la Recherche (IBESR) et l’Initiative Départementale Contre la Traite et le Trafic des Enfants (IDETTE) dans huit établissements de Beaumont en automne 2018 a montré que pas moins de 74 adolescentes et jeunes femmes ont fait face à une grossesse non désirée et précoce à Beaumont, une petite commune de douze mille habitants dans la Grand’Anse. L’École de la Prophétie affichait 44 grossesses.

Cependant, comme dans les autres institutions, la plupart des cas n’ont eu aucun rapport avec le confinement. Certaines des jeunes femmes ont dû arrêter leur éducation lorsqu’elles sont tombées enceintes, et d’autres ont déjà accouché. Quatre cas de viols étaient en cours de traitement. 

AREV-Haïti a commencé cette campagne de sensibilisation dans la Grand’Anse, particulièrement à Beaumont, le 21 mai 2021, avec 135 jeunes environ, informe sa coordonnatrice. La deuxième activité a eu lieu à Jérémie, le 22 mai 2021, pour environ 150 jeunes, ajoute Prisca Claude Cadet. « Nous avions promis à ces jeunes de revenir dans le département de la Grand’Anse avec cette causerie », explique-t-elle. Nous avons tenu ces types de causeries également dans le département de l’ouest, surtout dans la zone métropolitaine, dans le nord et dans le nord-est d’Haïti, conclut-elle.

La vulnérabilité après le séisme

Les travailleuses sexuelles et LGBTIQ font partie des catégories vulnérables, encore plus suite au violent séisme de magnitude 7.2 qui s’est produit le 14 août 2021 dans le grand Sud D’Haïti. Environ 800 000 personnes ont été affectées et on estime que 650 000 personnes - soit 40 % des 1,6 million de personnes vivant dans les départements touchés - ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

Tout cela a servi à accroitre la vulnérabilité des groupes à risques qui sont les adolescents et les jeunes, ainsi que des groupes marginalisés qui sont les travailleuses sexuelles et les LGBTIQ.

Texte : Vario Sérant

Photos : Prisca Claude Cadet