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Haïti / Covid-19 : Vers une meilleure gestion des cas de violence basée sur le genre sur les points frontaliers officiels

24 juillet 2020
Un des points de surveillance épidémiologique à la frontière

Port-au-Prince, 22 juillet 2020 --- Une cinquantaine de professionnels impliqués dans la réponse à la Covid-19 ont participé, avec l’appui de l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la Population, le 7 juillet 2020, à Ouanaminthe, à une session de formation visant à renforcer leurs capacités sur la gestion des violences basées sur le genre, le premier secours psychologique et la collecte des données. 

L’UNFPA a organisé cette session en partenariat avec le Centre pour le Développement et la Santé (CDS) qui apporte un support à la Direction sanitaire du Nord-Est dans le cadre de la surveillance épidémiologique au niveau des points de contrôle sanitaire à la frontière haïtiano-dominicaine et dans les centres de quarantaine, dans le contexte de la lutte contre la Covid-19.

Selon Dr Hervé Longchamp, coordonnateur de programme de CDS, cette formation répondait à un besoin de coordination, de stimulation et de sensibilisation du personnel du centre de santé de Ouanaminthe et du personnel impliqué dans les activités de surveillance épidémiologique le long de la frontière, étant donné que la pandémie est venue augmenter, souligne-t-il, les risques de violence basée sur le genre (VBG).

Joseny Jean Ferdinand, assistante-coordinatrice au Bureau départemental du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) dans le Nord-Est, qui assiste régulièrement les survivantes de violence dans leurs démarches, confirme cette augmentation des cas de violences sexuelles et physiques sur les femmes et les filles dans ledit département. Jusqu’à 5 cas de violence seraient enregistrés par jour, au niveau du Bureau départemental du Ministère à la Condition Féminine, indique Joseny Jean Ferdinand alias Manma Wa.

Dr Longchamp évoque le fait que les prestataires de soins ont souvent tendance à négliger, faute d’information, l’aspect lié au support psychologique à apporter aux survivantes de violences en cas de crise.

La prise en charge psychosociale a été très débattue pendant la formation, relève avec un brin de satisfaction Fils-Aimé Irose et Dorothy Charles Pierre, toutes deux infirmières au centre de santé de Ouanaminthe, espérant que cela va permettre aux prestataires de soins recevant les survivantes de VBG de mieux les supporter.

Un autre aspect important traité concernait les techniques de collecte de données. Il s’agit, précise Dr Longchamp de CDS, de sensibiliser les gestionnaires de données, les prestataires de soins pour qu’ils collectent les informations de façon ordonnée, désagrégée par âge et par sexe, de sorte avoir des informations pertinentes pour la prise de décisions.

L’équipe de l’UNFPA qui animait cette formation en partenariat avec CDS a mis l’accent sur la nécessité d’avoir des données coordonnées pour améliorer l’efficacité des services offerts au niveau du centre de quarantaine et du point de contrôle frontalier de Ouanaminthe. Cette formation a été reprise dans trois autres villes frontalières, à savoir Belladère, Malpasse et Anse-à-Pitre.

Ces sessions de renforcement de capacités ainsi que la surveillance épidémiologique au niveau des points frontaliers officiels sont financées par le fonds d’urgence CERF, un projet inter-agences coordonné par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). En plus de l’aspect ponctuel lié à la prévention et à la réponse à la Covid-19, ce projet appuie les institutions de santé en vue de la continuation des services.

Texte : Vario Sérant

Photo : Samuel Laméry