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Priorité à la santé et aux droits reproductifs pour toutes et pour tous

DÉCLARATION DU REPRÉSENTANT DE L’UNFPA EN HAÏTI, M. YVES SASSENRATH, À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA POPULATION

L’UNFPA Haïti, le Fonds des Nations Unies pour la Population, en cette Journée mondiale de la population, rassure le peuple haïtien de tout son soutien. Face au décès tragique du Président de la République, son Excellence Jovenel Moise, l’UNFPA adresse sa sympathie au peuple haïtien devant cette épreuve. Il réitère par la même occasion ses vœux de prompt rétablissement à la Première Dame.

Ces circonstances certes difficiles ne sont pas les seuls éléments auxquels la population est confrontée. Depuis le début du mois de juin, la recrudescence de la violence à Port-au-Prince a entrainé de nombreux déplacements et renforcé les vulnérabilités.

« La violence et la pandémie de COVID-19 pourraient avoir des conséquences durables sur la population en Haïti », estime le Représentant de l’UNFPA en Haïti. « Plus de 17,000 haïtiennes et haïtiens sont actuellement déplacés en conséquence de la violence dans leurs quartiers », rappelle Yves Sassenrath, soulignant que la majorité est constituée d’enfants, de filles et de femmes.

L’augmentation, sans précédent, des attaques armées contre les communautés perturbe l’accès de ces personnes déplacées internes aux services sociaux de base, notamment les soins de santé. Cette violation des droits à la protection de ces communautés exacerbe leurs vulnérabilités.

La Covid-19 s’est renforcée en Haïti dans un tel climat. Plus de cas sont enregistrés au premier semestre de cette année que pendant toute l'année 2020.

« Les chocs simultanés de la violence et de la pandémie de la Covid-19 ont déjà porté de nombreuses femmes à reporter leur maternité, tout en perturbant la prestation des soins de santé, et ont entraîné des grossesses non désirées », déclare Yves Sassenrath.

En cette période de renforcement de la pandémie, des violences et des déplacements à Port-au-Prince, l’UNFPA en Haïti exhorte à répondre aux changements relatifs à la fécondité et à la démographie, en donnant la priorité à la santé et aux droits en matière de sexualité et de reproduction de tous les individus, notamment en leur offrant un accès aux informations et aux services de santé sexuelle et reproductive.  

L’UNFPA constate que la pandémie de Covid-19 se répercute sur la fécondité et la démographie des pays. Alors que la Covid-19 pourrait accélérer le déclin de la fécondité dans certains pays à revenu élevé, elle a interrompu, dans certains pays à revenu faible ou intermédiaire, l’accès aux services de planification familiale, augmentant le taux de grossesses non désirées au sein des groupes vulnérables.

En Haïti, 57% des naissances des 5 dernières années ont eu lieu à des moments non souhaités par les femmes. Aussi les périodes de confinement lors de la pandémie de COVID-19 et la situation des déplacés à cause de la violence ont augmenté les cas de grossesses non désirées comme à Beaumont, dans la Grande Anse, y compris celles résultants de viols.

Aujourd’hui en Haïti, plus de 40% des femmes en union n’ont pas accès à des méthodes de planification familiale.

A l’occasion de la Journée mondiale de la population, l’UNFPA aborde les conséquences de la pandémie sur les droits et les choix des individus ainsi que la nécessité de trouver des solutions sans céder à l’alarmisme.

La Directrice exécutive de l’UNFPA, Dr Natalia Kanem, appelle en effet les pays à travailler ensemble pour relever ces défis, et souligne le caractère indispensable de la santé et des droits en matière de sexualité et de reproduction pour tous les individus. L’évolution démographique ne peut servir d’excuse pour saper les droits individuels.

Après une certaine diminution de la fréquentation dans certaines maternités du pays aux premiers moments de la pandémie, risquant de mettre à mal les efforts qui encouragent les femmes à venir accoucher dans un établissement de santé (seulement 39% de femmes accouchent dans des institutions sanitaires selon l’enquête nationale EMMUS VI), les services allaient reprendre dans diverses institutions sanitaires.

Selon les statistiques du Ministère de la Santé Publique et de la Population, en 2020, l’offre des services de santé a été réduite de 20% à 40% du fait de la COVID-19. Les services de santé sexuelle et reproductive, y compris de planification familiale, ont subi le même sort. Dans ce contexte de persistance de la pandémie, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour assurer le maintien et la continuité des dits services offerts aux femmes et aux filles surtout les plus vulnérables.